Mouvement Démocrate
Groupe local MoDem des cantons de Cergy et de St Ouen l’Aumone
Compte rendu de la conférence “Le Pétrole, et après…”
Conférence organisée par le MoDem 95, Cergy et deuxième circonscription,
au cinéma L’Antarès, Vauréal, le 12/02/2009.
Conférencier : Patrick HAAS, PDG de BP France
Intervenant : François Molon-Noblot, spécialiste des énergies nouvelles

Le pétrole va-t-il bientôt manquer ?
Il semblerait que plus on consomme de pétrole, plus on en découvre. On estime que l’humanité en a consommé jusqu’ici 1000 milliards de tonnes et qu’il en reste autant dans les profondeurs du sol, si l’on considère les réserves prouvées, c’est-à-dire celles dont le coût de production est prévisible et acceptable. Nous n’avons pas à craindre de pénurie du pétrole.
Par contre, le vrai problème est l’accroissement de la quantité des gaz à effet de serre dont l’utilisation du pétrole est une cause très importante. Il faut réduire l’utilisation du pétrole non pas parce qu’il pourrait manquer, mais parce que son utilisation augmente le CO2 dans l’atmosphère. Plus le pétrole est cher, et plus cela encourage son remplacement. De ce point de vue, il faut que le pétrole soit cher.
La consommation de pétrole est-elle responsable du réchauffement climatique ?
La combustion des produits pétroliers produit du gaz carbonique qui vient s’ajouter à celui déjà présent dans la biomasse et l’atmosphère. Le gaz carbonique se concentre dans les hautes couches de l’atmosphère et, par effet de serre, contribue à élever la température de l’air, ce qui modifie le climat.
Au-delà d’un certain seuil de concentration, le CO2 présent dans l’atmosphère risque de bouleverser gravement les équilibres de vie sur notre planète. Ce stade de pollution est considéré comme irréversible, c’est-à-dire qu’il ne serait plus possible de revenir en arrière, en d’autres termes de rétablir une situation dans laquelle les équilibres de vie actuels redeviendraient possibles.
La consommation de pétrole comme carburant n’est pas la seule cause d’augmentation du taux de gaz carbonique dans l’atmosphère. La production d’acier ou de ciment, par exemple, génère également du CO2 du fait des combustibles utilisés lors de leur fabrication. Il en va de même de toute activité utilisant de l’énergie d’origine pétrole ou charbon.
Il en résulte qu’il est urgent pour les pays industrialisés ou en-cours de l’être de changer complètement leur mode de consommation énergétique et leur mode de vie.
Le moteur diesel est-il moins polluant que le moteur à essence ?
Le moteur diesel est actuellement plus efficace que le moteur essence. Mais quel que soit le produit pétrolier utilisé, la pollution est la même.
S’il n’y a pas de risque de pénurie de pétrole, d’où vient que le prix du carburant soit soumis à des fluctuations aussi importantes ?
La volatilité des prix du pétrole tient le plus souvent à des tensions internationales.
Cette instabilité tient également à la difficulté de prédire la demande.
Dans la période actuelle, on constate pour la première fois une décroissance de la demande due à l’augmentation des prix. La cherté du carburant incite les usagers de la route à restreindre leur consommation.
Pourquoi le prix du carburant est-il aussi élevé ?
Le prix du pétrole est actuellement élevé par rapport à celui des années précédentes. Mais n’oublions pas que les taxes perçues par l’État représentent 60 % du prix du carburant à la pompe. Et si l’on compare le prix d’un litre d’essence à celui d’un litre d’eau de source, la différence n’est pas si grande.
Quelles sont aujourd’hui les principales sources d’énergie alternatives au pétrole et non polluantes ?
Il existe une grande diversité de sources d’énergie utilisables pour remplacer le pétrole. Certaines sont déjà largement utilisées, le nucléaire ne produit pas de gaz carbonique, d’autres n’existent qu’à l’état expérimental.
-> Thalassoénergie, hydroliènnes et usines marée-motrices
La thalassoénergie utilise les mouvements de la houle. Elle est surtout développée en Ecosse, aux Pays-Bas, en Allemagne et au Portugal. Une technologie actuellement développée consiste à utiliser des chapelets de rouleaux flottants. Une installation peut produire plusieurs MW. Pour mémoire, l’usine marée-motrice de la Rance en France est une centrale importante, bien qu’ancienne ( 230MW).
Les hydrauliènnes, (sorte d’éoliennes de quelques mètres de diamètres installées sur le fond de la mer) commencent à être expérimentées.
-> L’énergie solaire photovoltaïque :
Elle est particulièrement développée, grâce au concours de BP, en Espagne, aux Etats-Unis et en Australie.
Un mètre carré capteur coûte environ 1000 €. L’électricité produite peut être revendue sur le réseau, et des aides à l’investissement sont accordées.Un panneau intégré à la toiture est amorti en 8 ans. Sa durée de vie est garantie 10 ans. Il peut fonctionner 15 à 20 ans.
L’utilisation de panneaux photovoltaïque n’est pas la seule façon d’utiliser l’énergie solaire. Outre les panneaux solaires thermiques connus des particuliers pour le chauffage, on développe actuellement des centrales thermiques solaires utilisant des panneaux réflecteurs (ex : Espagne)
-> L’énergie d’origine éolienne :
Avantages : Les éoliennes fonctionnent sans produire de CO2. Leur coût moins élevé que celui d’ autres énergies vertes fait que, parmi ces sources d’énergies alternatives, les éoliennes sont actuellement prépondérantes. L’objectif de la France est de 200 MW en 2020, contre 20 MW pour le photovoltaïque.
Inconvénients : Les éoliennes sont accusées de nuisances sonores et visuelles, et par ailleurs il est coûteux de collecter l’électricité qu’elles produisent en raison de leur dissémination.
On peut remédier à ces inconvénients en les concentrant dans des fermes d’éoliennes et en augmentant la puissance unitaire qui peut atteindre actuellement 6 MW. L’énergie produite peut alors être collectée au moyen de lignes à moyenne ou haute tension.
->La géothermie
Plusieurs techniques sont mises en œuvre : on peut utiliser l’eau chaude de certaines sources dans les profondeurs du sol. Le sud de Paris en est un exemple. On peut aussi utiliser la chaleur du sol quelque soit l’endroit comme pour le chauffage des bâtiments.
On a pensé également à utiliser la différence de température entre le fond d’une mer et la surface. Cette idée ancienne n’est pas appliquée actuellement.
->L’hydrogène :
L’hydrogène n’est pas une source d’énergie, mais plutôt une forme d’énergie transportable. La source utilisée pour produire l’hydrogène peut-être le pétrole, dans ce cas il n’y a pas de réduction d’émission de C02, ou par l’électricité. Dans ce cas, la réduction de CO2 est celle permise par l’énergie servant à faire l’électricité ( proche de 100% si la source est le nucléaire, l’éolien ou l’hydraulique, etc.)
L’hydrogène peut être utilisé pour le transport. Il existe un petit nombre de prototypes de voitures à hydrogène.
Inconvénients : Le réservoir à hydrogène prend beaucoup de place dans une voiture. Les risques liés au transport d’un volume important de gaz particulièrement inflammable freinent le développement de cette technologie.
L’hydrogène est transformable en énergie électrique par une pile à combustible. L’application à l’automobile est encore très coûteuse.
Dans l’état actuel de nos recherches, la voiture électrique à piles semble plus adaptée.
->Les biocarburants
Ils sont actuellement mélangés ( environ 6% ) dans les carburants essence et diesel distribués à la pompe.
A la différence des carburants issus du pétrole dont la combustion libère dans l’atmosphère du CO2 provenant d’un carbone précédemment enfoui dans le sous-sol, les bio-carburants produisent quand on les utilise un CO2 pour partie déjà présent dans l’atmosphère ou la biomasse. Leur utilisation augmente donc moins les gaz à effet de serre. Le gain est de l’ordre de 30 % pour le bio-carburant essence, et de l’ordre de 45% pour le bio-carburant type diesel ( ex Diester )
Les carburants de première génération, éthanol, biodiesel, sont produits à partir, de céréales, canne à sucre, betterave et plantes oléagineuses telles que soja, colza, tournesol, huile de palme. Ils utilisent donc des plantes alimentaires, ce qui a provoqué une polémique sur l’usage des terres agricoles et leur accroissement par la déforestation dans certains pays. Ils ont contribué, avec d’autres causes ( mauvaises récoltes mondiales, évolution des habitudes alimentaires en Chine et augmentation du prix des engrais) à rendre les produits alimentaires plus chers. Même si leur impact est relativement faible, voire discutable, ceci a également nourri la polémique à leur encontre.
Ce type de carburant a été rendu économiquement viable par le jeu de défiscalisation, l’évolution de ces dispositions de même qu’une baisse du prix du pétrole, et leur interférence avec les ressources alimentaires conduisent à un ralentissement de leur développement.
La réduction des gaz à effet de serre qu’il permet en fait cependant une énergie nouvelle nécessaire qui doit avoir sa place parmi les autres en particulier pour les véhicules.
->Les biocarburants de deuxième génération
Pour cette raison, l’industrie s’est tournée vers des biocarburants utilisant des matières végétales non consommables par l’homme : bois, paille, taillis, déchets végétaux dont on utilise la cellulose et l’hémicellulose soit les de la matière végétale. Des plantes non alimentaires nécessitant peu d’eau et pas d’engrais peuvent être aussi cultivées à cette fin. Ces biocarburants sont appelés biocarburants de deuxième génération. Plusieurs procédés sont actuellement en voie d’industrialisation : l’un d’eux fait appel à la transformation de la cellulose en sucre puis en alcool par des enzymes et des levures, un autre utilise la gazéification par chauffage puis la synthèse d’hydrocarbures.
La réduction de l’émission de CO2 permise par les bio-carburant de 2e génération atteint 80%.
On estime que les procédés de fabrication de ce nouveau type de carburants deviendront industriels vers 2015, durée nécessaire pour les rendre industriels et économiques. La production de biocarburants de deuxième génération pourra atteindre 10 millions de tonnes par an du fait des ressources disponibles, et couvrira une part importante de la quantité de carburant nécessaire pour les transports.
On fait des recherches actuellement sur la possibilité de fabriquer des biocarburants à partir d’algues marines, cette voie est encore au stade expérimental.
Dans la mesure où une biomasse variée pourra être utilisée, en particulier les parties non comestibles des plantes alimentaires : paille, tiges, feuilles, et également les tontes, taillis et déchets urbains d’origine végétale, le coût des bio-carburants de 2e génération pourra être sensiblement inférieur à celui des bio-carburants de 1ere génération.
Qu’est-ce que la biomasse ?
On appelle biomasse la masse de matière vivante, animale ou végétale, de la surface du globe terrestre. Dans ce mot composé, bio - désigne tout matériau vivant.
En Ile de France, on jette chaque année à la décharge 1 million de tonnes de biomasse, provenant de bois d’élagage ou de palettes.
La biomasse peut être conditionnée en plaquettes de granulés pour le chauffage ou transformée en liquide comme carburant.
Une tonne de biomasse sèche peut donner jusqu’à 300 litres de bio-carburant type essence.
La voiture électrique est-elle une solution ?
Dans l’immédiat, la meilleure solution pour diminuer les rejets de gaz carbonique dans l’atmosphère par les véhicules de transport semble être l’utilisation de la voiture électrique pour les petites distances, avec une électricité d’origine non pétrole ou charbon. Les personnes qui utilisent leur véhicule personnel pour se rendre sur le lieu de leur travail n’accomplissent pas généralement plus de 120 km par jour, retour compris. Or une voiture électrique, rechargée quotidiennement, peut aisément parcourir cette distance.
On peut procéder à un échange standard de batterie ou à la recharge de la batterie pendant la nuit. Mais on fragilise une batterie en lui faisant subir une recharge rapide.
Le remplacement des batteries par une pile à combustible est techniquement possible, mais pose le problème du stockage de l’hydrogène, et du prix de la pile à combustible.
La cogénération n’est-elle pas un système à développer ?
On appelle cogénération la production simultanée de chaleur et d’énergie électrique ou mécanique. La cogénération consiste en général à produire à partir d’un carburant de l’énergie mécanique (par une turbine ou un moteur diésel) transformée le plus souvant en électricité (par un alternateur) et d’utiliser sous forme de chaleur l’énergie restante (récupérée par exemple sur les gaz d’échappement).
Le captage du CO2
Une façon de réduire les gaz à effet de serre est le captage ou la fixation du CO2. Cela consiste soit à stoker le CO2 produit par l’activité industrielle, par exemple dans le sous-sol, soit à fi
Adopter un comportement responsable
Cette partie de la conférence fut conclue par la remarque d’une participante. Il est certes indispensable de rechercher de nouvelles sources d’énergie, non polluantes, mais il n’est pas possible de mettre en œuvre un véritable développement durable sans changer de comportement. Les ressources de la planète sont limitées. Mettons fin à toute forme de gaspillage.
Un élu Vert insiste sur la nécessité de travailler à une meilleure maîtrise de l’énergie, ce qui suppose efficacité et diversification des ressources utilisées. Il préconise le développement des transports en commun, pour réduire la consommation de carburant, et l’entretien des espaces verts, pour absorber le carbone de l’air.
Quand vous prônez la réduction et l’abandon du pétrole comme carburant, parlez-vous en tant que citoyen ou en tant qu’industriel et dirigeant d’une société pétrolière ?
Je ne peux pas séparer le citoyen et l’industriel que je suis. C’est une impérieuse nécessité de réduire notre consommation de produits pétroliers et de remplacer le plus vite possible le pétrole par d’autres sources d’énergie. Les compagnies pétrolières doivent préparer déjà leur reconversion en compagnies énergétiques. BP, par exemple, consacre 8 % de ses investissements à des recherches sur les énergies renouvelables.
En nous obligeant à restreindre notre consommation de carburants, la crise présente-t-elle un aspect positif ?
La crise ne peut avoir que des effets négatifs. Dans l’immédiat, elle nous empêche de travailler à résoudre le problème de la pollution.
Quel comportement les pays industriellement développés peuvent-ils avoir à l’égard des pays émergents, qui souhaitent consommer de plus en plus ? Comment peut-on leur demander de réduire leur consommation d’énergie pour réduire une pollution, dont nous sommes les premiers responsables ?
Les Chinois commencent à faire un effort pour réduire leur consommation et leur production de gaz carbonique. La planification de l’économie chinoise a, à cet égard, un effet positif.
Si les consommateurs réduisent leur consommation de carburant, l’Etat ne risque-t-il pas de s’appauvrir, car une partie de ses ressources provient des taxes sur les carburants ? Comment l’Etat supportera-t-il les charges qui sont les siennes ?
L’Etat doit s’adapter aux circonstances et contrôler ses dépenses de manière à faire face aux responsabilités qui sont les siennes.
L’Etat a-t-il la possibilité de faire pression sur les industriels pour les obliger à réduire la pollution produite par leur activité ?
Le système des taxes sur le carbone n’est pas le plus efficace pour réduire la pollution. On fait actuellement des recherches sur la possibilité de capter le gaz carbonique présent dans l’atmosphère et de le stocker dans les couches profondes du sol.
LE DEVELOPPEMENT DURABLE, le “furet municipal”
Le développement durable est un vaste sujet - chacun a conscience désormais que ce n’est pas une mode - et que les enjeux sont majeurs. A Cergy, c’est un peu le “furet municipal’, il passe par ici, il repassera par là…
Pour parler récente actualité, nous choisirons trois exemples : la réhabilitation de l’école des Chênes, celle du bois de Cergy, la décision de faire de la future place du Nautilus à le Haut une place « très minérale »… Gros budgets… Ouf !, il était temps pour les deux premiers… La place « très minérale » serait dans l’air du temps de la mode architecturale, pourquoi pas ? Mais nous avons bien reçu 5 sur 5 lors du dernier mandat, le message des “grands” élus de la majorité en matière de gestion urbaine : exit les lieux « jardins », cela coûte décidément trop cher à entretenir, il faut passer partout, tailler, tondre, mais surtout ramasser sans relâche les papiers, et autres détritus qu’une minorité de passants laisse derrière elle en nombre, malgré les poubelles… Alors le minéral, cela a un avantage, la balayeuse municipale et voila tout !
Avec d’autres élus, de différents groupes : UMP et Verts en particulier, et même quelques élus de la majorité socialiste, non dénués de courage (bref tout de même pas mal de monde), nous sommes, lors du précédent mandat maintes fois intervenus :
- sur la nécessité d’entretenir les bâtiments publics régulièrement, ce qui évite les réhabilitations lourdes au bout de tant d’années sans entretien ; car nous qui vivons à Cergy depuis plusieurs dizaines d’années, nous avons connu d’autres temps, où l’entretien était régulièrement fait : en particulier nettoyage et réparations, dès que cela était nécessaire…
- pour que des choix politiques exemplaires soient faits pour l’avenir en matière de développement durable : la nouvelle mairie, construction de la nouvelle école de Cergy le Haut, indications pour les nouvelles constructions d’immeubles, choix des véhicules municipaux, etc, etc. Nous avons manifesté notre désappointement : le gouffre financier qu’allait représenter la gestion du chauffage pour la mairie, le projet choisi parmi d’autres -qui nous semblaient plus écologiques- pour la nouvelle école de Cergy le Haut, pourquoi pas à Cergy des immeubles avec des panneaux solaires comme à Menucourt, l’achat de voitures municipales banales, etc, etc…
Pourtant des communes innovent, on voit des exemples à la télé ou dans les journaux, et parfois avec des budgets modestes.
Si certaines décisions de la Communauté d’Agglomération commencent tout juste à aller dans le bon sens, en matière de chauffage par exemple, c’est tant mieux ! Quoi que… Le Vélib, dans une ville comme la nôtre qui n’a pas du tout le même profil urbain que Paris ou Lyon, grandes villes denses de notre pays, ne nous paraît pas la toute première priorité, nous avons des réserves connues –les vélos c’est bien, mais il faut les pistes cyclables aussi, et qu’elles soient sécurisées, et quand on connaît les projets de construction sur l’agglo… -non vraiment ce n’est pas drôle-, et le nouveau quartier de Le Haut, qui était vierge, les pistes cyclables, c’est simple : inexistantes…; nous attendons donc de voir ce qui va être effectivement fait en la matière, comment cela sera utilisé et pourquoi, nous nous laisserons volontiers convaincre et que nos doutes soient complètement levés.
Nous attendons donc à Cergy, des actes forts, et pas de la parlotte politiquement correcte ou des moitiés de réalisations … Mais le fait que ce qu’il était financièrement possible de faire hier, parce que la Communauté d’Agglomération et la Ville en avaient les moyens financiers, et qui n’a pas été fait faute de volonté politique est grave: aujourd’hui ces deux institutions ont des budgets drastiques : voilà l’exemple criant d’un manque de vision politique, que nous payons maintenant.
Sans doute cela sera-t-il un peu long, mais nous récapitulons ci-dessous quelques extraits de ce que nous avons signalé. Un choix restreint, parmi de nombreuses pages d’interventions. Nous avons émis bien entendu les propositions en adéquation… Tout ceci nous semble encore criant d’actualité.
RAPPORT (de 57 pages) REMIS AU COMMISSAIRE ENQUETEUR LORS DE L’ELABORATION DU Plan Local d’Urbanisme (PLU)
ESSENTIEL : IL ENGAGE LA POLITIQUE URBAINE DE LA VILLE SUR DES ANNEES
Où se cache le Développement durable ?
Rien sur les raccordements au chauffage urbain.
Le solaire toléré plus qu’encouragé.
Forte mansuétude pour l’assainissement privé.
Nuisances acoustiques évoquées uniquement en zone UC.
Normes d’isolation non précisées.
Antennes radioélectriques/téléphoniques évoquées uniquement sur le plan architectural pour deux zones. Quid des autres zones et surtout de l’aspect santé publique ?
Pas de développement des pistes cyclables.
Assurer la continuité des chemins piétons. Toujours un niveau d’exigence insuffisant en matière de dissimulation des réseaux
téléphone, électricité ainsi que les antennes TV et autres paraboles.
Toujours pas de dispositions spécifiques pour les locaux poubelles.
Tri sélectif, accès direct depuis la voie publique.
En matière d’équipements publics (systématiser la démarche HQE) puis au niveau de l’aménagement urbain (faciliter la pratique de la collecte sélective des déchets ménagers).
Quelles initiatives pour améliorer la propreté urbaine ?
Rien sur la gestion « biologique » des espaces verts : le Plan Vert c’est quoi concrètement ?
Il est surprenant que la question de la gestion du bruit ne soit pas traitée, elle est incontournable dans la perspective de l’augmentation de la densification urbaine. Le même sort a été infligé à la gestion de l’énergie, des déchets et de l’eau.
Les transports collectifs étant de la compétence de l’Agglomération, qu’en est-il ?
Véhicules propres non prévus au PDU Communautaire.
DEBAT D’ORIENTATIONS BUDGETAIRES POUR 2008
Conseil Municipal du 20 décembre 2007
L’entretien pérenne du patrimoine bâti : au PPI, il était prévu 3,4 millions, ont été dépensés 2,2
millions et aucun crédit n’est prévu en 2008…
TRIBUNE DE JUIN 2007
« du discours à la volonté… »
… La ville et l’agglomération sont en retard dans la réponse à apporter aux enjeux écologiques. Certes, on commence à discuter de l’agenda 21, du plan local de déplacement. Mais le Plan Local d’Urbanisme s’est révélé décevant sur ce point. Et on ne voit aucun projet emblématique d’une Ville Nouvelle Ecologique. Même le Projet d’une Agence Locale de l’Energie n’a pas retenu l’attention !
TRIBUNE DE NOVEMBRE 2007
« DEVELOPPEMENT DURABLE : Volonté politique… ou enjeu électoral ? »
Dominique Lefebvre a décidé que pour la fin de leur mandat les Conseils Consultatifs de Quartiers (CCQ), malgré les nombreuses défections, devraient travailler sur le développement durable avec le soutien d’un cabinet de consultants, … un de plus ! Il a également décidé que pour leur formation citoyenne, ils auraient droit à un voyage d’étude à la Commission Européenne à Bruxelles (visite des services… et rencontre avec la commission Jeunesse) payé par la ville.
Outre leur caractère très directif ces initiatives nous inspirent au mieux une impression brouillonne, au pire la crainte d’une instrumentalisation.
Si un voyage d’étude à Bruxelles est certes culturellement intéressant, quel rapport avec la formation d’un Conseiller de Quartier ? N’eut-il pas été plus cohérent, puisque décidément l’environnement fait l’actualité, d’organiser des rencontres avec ceux qui en sont les acteurs reconnus (fondation Nicolas Hulot, GreenPeace… etc.) ou encore de découvrir les réalisations de villes vraiment innovantes ?
s s’interroger sur ce sujet de travail soudainement demandé aux CCQ alors que le Conseil Municipal n’est pas saisi d’un projet. Quelle est la logique de cette figure imposée alors que la Communauté d’Agglomération vient d’achever, début octobre, la concertation avec les habitants sur l’élaboration de son projet d’Agenda 21 (Plan d’action en matière de développement durable) ?
Rappelons qu’au printemps dernier, au terme d’un processus engagé depuis 2003, le Maire a fait adopter son Plan Local d’Urbanisme (PLU) qui comprend un document intitulé Plan d’Aménagement et de Développement Durable (PADD). Comment se fait-il qu’à l’époque, alors que nous le demandions, aucune réflexion sérieuse n’ait été engagée pour élaborer un document qui aille au-delà du convenu ?
En mars prochain, auront lieu les élections municipales. Il ne s’agit plus de faire tester en laboratoire, par quelque cabinet de consultant choisi par Monsieur le Maire, des idées consensuelles qui, le moment venu, justifieront son programme électoral. L’heure est au débat public. Nous attendons du candidat Dominique Lefebvre qu’il dise ce qu’est son projet de développement durable pour Cergy. Est-ce l’urbanisation de Cergy le Haut, de la Croix Petit, des Touleuses, … ?
Pour notre part, point n’est besoin d’imaginer de créer d’autres villes nouvelles « écologiques » comme le propose la commission Attali. Cergy doit être une ville nouvelle modèle en matière de développement durable. Dans son évolution urbaine d’abord, mais aussi par une offre de services collectifs en phase avec ce nouveau mode de vie. On ne pourra en effet accepter l’exigence d’un civisme plus contraignant qu’au prix de cet équilibre.
L’imminence du scrutin municipal ne peut justifier ni des « coups », ni la confusion des genres. En effet, qui peut dire qu’au terme d’un mandat exceptionnellement long (six ans prolongé d’un an), les constats et les propositions ne sont pas connus des élus, des acteurs de la démocratie participative et des futurs candidats !
TRIBUNE D’OCTOBRE 2007
« une ville écologique, c’est aussi une ville propre ! Propositions »
S’il est incontestable que certains aspects de la propreté à Cergy se sont améliorés (ramassage plus fréquent des papiers, service anti-tag performant, gestion des espaces verts plus soignée…), de nombreux points posent problème.
Le ramassage des ordures ménagères pour l’habitat collectif n’est pas adapté aux horaires des sociétés d’entretien, et les containers stationnent bien trop longtemps sur les trottoirs. Il conviendrait de reprendre les consultations avec une réelle prise en compte des contraintes de personnel, afin de résoudre ce problème de coordination.
Le tri sélectif ne semble pas bien compris et la place de Cergy « mauvais élève » de l’agglomération ne nous satisfait pas. Nous proposons de reprendre les campagnes d’information, d’évoquer cette question de façon régulière dans le journal municipal et que des stickers soient apposés sur les sacs jaunes mentionnant la cause du refus en cas d’erreur de tri.
Les caniveaux et les trottoirs verront nous l’espérons leur situation s’améliorer avec la mise en service de nouveaux matériels, mais il faudrait aussi qu’une attention particulière soit portée aux nombreuses mauvaises herbes qui y poussent.
Les décharges sauvages sont l’œuvre d’une minorité d’habitants. Nous attendons là des mesures plus répressives : injonctions et facturation de l’enlèvement.
Les incivismes : objets, mégots, chewing-gums jetés par terre, crachats, déjections canines… ne sont pas une fierté cergyssoise ! Les poubelles extérieures vont être plus nombreuses, nous espérons que nos concitoyens auront à cœur de les utiliser ; nous rappelons aussi que les propriétaires ou bailleurs sont responsables de l’entretien des trottoirs devant leur habitation. Il convient donc d’associer ces questions aux campagnes d’information (qui sait qu’un mégot met deux ans à se dégrader ?). Osons parler franchement des déjections canines, qui sont insupportables non seulement sur les trottoirs, mais aussi sur les pelouses, empêchant les enfants de jouer proprement dans les espaces verts ; pourquoi ne pas installer à proximité des sachets avec une information « citoyenne » et réaliser des crottodromes dans les lieux de promenade les plus fréquentés ?
La politique municipale en matière de propreté doit progresser. Parce qu’ils sont les citoyens de demain, nous pensons que des actions pédagogiques en partenariat avec les écoles devraient être mises en place ; par exemple, une classe serait chaque semaine responsable de la propreté de la cour et des abords de l’école.
Et au-delà, n’oublions pas que le collectif appartient en partie à chacun d’entre nous. Les frais supplémentaires d’entretien ont un coût au final… que nous supportons par l’impôt !
Conférence “Le pétrole, et après…”
La crise financière aura des conséquences sur l’économie réelle. Cette crise arrive au moment d’un basculement d’un système économique vers un autre. Aujourd’hui, on se réjouit de la baisse du coût du baril de pétrole. Mais doit-on s’en réjouir ? Le pétrole n’est pas une source inépuisable. Nous savons que dans notre futur système économique, l’énergie sera chère. La baisse des cours du brut peut nous amener à risquer de nous endormir avec la nostalgie ou le retour à des solutions du passé qui ne pourront pas être des solutions durables pour inventer les solutions de demain.
Concernant les carburants, des alternatives existent. Mais de nouveaux problèmes surviennent. Le recours accru aux matières premières alimentaires pour la production d’agrocarburants de première génération met directement en péril l’approvisionnement alimentaire de la population mondiale. A titre d’exemple, la quantité de maïs nécessaire à la production de 75 litres d’éthanol (soit l’équivalent d’un plein de réservoir) suffirait à nourrir une personne avec 2 000 calories par jour, pendant une année entière.
Mais alors quelles sont les énergies de demain ? Pour tenter de répondre à cette question, nous avons souhaité permettre le dialogue entre des acteurs de notre société et les citoyens. C’est dans cette optique que le mouvement démocrate organise cette conférence le 12 février prochain à 20h30 au cinéma l’Antarès à Vaureal.
Réservez dès maitenant votre soirée.
